Canti, canzoni e puesii.htm


Buciaru d'una ghjuvanetta di TASSU,
 di a Pievi di ZICAVU, 


par u so fratellu, Maestru di scola,
 mortu luntanu da u so paesi un ghjornu d'invervu.


Complainte funèbre d'une jeune fille de TASSO, de la Pieve de ZICAVO

pour son frère, Maître d'école
mort un  jour hiver loin de son village
(Première moitié du 19ème siècle )


Quandu junse la nuvella
Chi par noscia mala sorti,
O caru di la surella,
Ti dicia speditu a morti,
Ghjà la nevi a la muntagna
Chjusu avia tutti li porti.

La surella apassiunata
Nun po mori di dulori :
Nun ti ha podutu abbraccià,
E si senti andà lu cori ;
Scatinossi ancu stamani
Quest'invernu traditori.

E nun pudïa almenu
Essa mortu a u to paesi
In bracci a la to surella ?
O morti cusï scurtesi

Tu l'anori di la pievi,
Rispettu di li parenti,
Sempri arrupavi lu cori
Di l'amici e cunnuscenti.
Questa mani u me fratellu
Ci lasci tutti scuntenti.

Parchî stai cusi mutu
Da ricacci dispiaceri ?
Levati, lu me fratellu,
Atempi a lu to duveri :
Nun ti mancani sprissioni
Lu me degnu cavaglieri.

Lu me fior di Primavera
Chi spuntava a la campagna,
Lu fior di li zitelloni,
Ch'adurnavi la muntagna,
Di la to morti o fratellu,
Lu paesi e tuttu in lagna.

Quellu jornu chi spirasti
Adunisti i to sculari :
Ancu allora l'ammunisti
Incù li to cunsigli rari,
Par la via d'u Paradisu
Li sapisti indirizzari.

Quali sarà stata la freppa
Ch'ha truncatu la to vita ?
O caru di la surella,
La me amandula fiurita,
Lu me impastatu di meli,
Fattu incù la calamita.(*)

T'avia fattu la natura
A lu tornu, a lu pinnellu,
E la latra di la morti
Ti pigliô cusi zitellu.
Nun c'era coppia si cara
Cum'eiu e lu me fratellu.

Ghjenti di quistu paesi,
Or prigheti qui di cori
Pa' lu me caru fratellu,
Parch'a tutti stava à cori.
Ch'ellu godi in l'altra vita
Incù li Santi e lu Signori.

 


Quand arriva la nouvelle
Qui pour notre sort malheureux,
O frère chéri de ta soeur,
Te disait frappé de mort,
Dèjà la neige sur la montagne
Avait fermé tous les cols.

La soeur passionnée
Ne peut mourir de douleur.
Elle n'a pu t'embrasser
Et se sent briser le coeur.
Il règne encore ce matin
Cet hiver qui m'a trahie.

Ne pouvais-tu pas au moins
Venir mourir dans ton village,
Dans les bras de ta soeur?
O mort si discourtoise.

Toi l'honneur de la pieve
Soutien de la parentèle
Toujours tu volais les coeurs
Des amis et des connaissances.
Et ce matin , o mon frère,
Tu nous laisses attristés.

Pourquoi es-tu ainsi muet,
Pour nous causer du déplaisir ?
Lève-toi, o mon frère
Pour remplir ton devoir.
Tu sais bien d'exprimer
Mon digne cavalier.

Ma fleur de printemps
Qui perçait dans la campagne,
La fleur des jeunes gens
Qui ornait  la montagne
De ta mort, o mon frère
Le village est tout affligé.

Le jour que du expiras,
Tu réunis tes écoliers
Pour leur prodiguer encore
Tes conseils judicieux.
Pour la voie du Paradis
Tu savais les préparer.

Quelle aura été la fièvre
Qui a brisé ta vie ?
O chéri de la soeur,
O mon amandier fleuri
Toi, pétri d'un doux miel,
Fait avec la "Calamita"

La nature t'avait fait
Au tour, au pinceau,
Et la mort voleuse
T'a pris tout jeune encore.
Il n'était couple plus uni
Que mon frère et moi.

Gens de ce village
Priez ici avec sincérité
Pour mon frère bien aimé
Qui vous portait dans son coeur.
Qu'il trouve le joie dans l'autre vie
Avec les Saints et le Seigneur.

        (*) Calamita : pierre aimantée à laquelle il était attribué des pouvoirs magiques.



Buciaru di una Talavesa
Buciaru d'une habitante du Talavo
pour la mort de son époux tué par une bête de son troupeau
(même époque )



Fu la piaghja la so morti
Indu stani li curnachj.
O crudeli, o iniqua sorti
Par Francescu di li vacchi.
La corcia comu faraghju
A stà sola in questi machji ?

Isfurca vogliu lu palu,
Quillu d'i setti furconi,
Ch'un ci s'appenda più zanu
Ne cappucciu ne pilonu
E taglia vogliu la coda
A Cimoscu ed a Falconi.

Di di dih ! Par me so lutti :
Feti un gridi universali,
Fratelli e surelli tutti :
Un'he statu pocu mali.
Mortu é u capu di a familla :
O la me sorti fatali.

Quandu lu pôsinu in bara
E u cullonu a li prunelli
Piansinu par doglia amara
Li pécura incù l'agnelli ;
E l'eghji du lu sarconu
Bé,bé,bé facianu anch'elli.

Riposto in Santa Maria
In a Jesgia parocchiali,
Lu Piuvanu, anima meia,
Comu capi principali
Cantaia incu l'altri preta
Li cosi di li missali.

Finiti li finizioni,
Tutti pronti ad ubidini
Una folla di parsona
Incomincioni a scrupini,
Alzendu sopra una teghja
Par vulelu sepellini.

La corcia, da par me pinsaia,
Chi ne farani avà d'ellu ?
Drentu l'arca mi pinsaia
Ci fussi calchi purtellu.
Ma vidi chi lu lamponi
Und'un tafunacciu niellu.

 



Dans la plaine qui vit sa mort
Séjournent les corneilles.
O sort cruel, sort perfide
Envers Francescu le vacher.
Malheureuse, comment ferai-je
Pour vivre seule dans ces maquis ?

Je veux arracher le poteau,
Celui ayant sept fourches
Pour qu'un n'y suspende plus ni sac
Ni capuche, ni
pilonu :
Et je veux couper la queue
A Cimosco et à Falconi.

Di di dih pour moi c'est un combat
Poussez un cri universel
Vous tous mes frères et soeurs.
Il ne s'agit pas d'un petit malheur
Le chef de famille est mort ;
O ma destinée fatale.


Quand ils l'eurent mis sur la civière
Et  le montèrent aux Prunelli.
De douleur amère
Agneaux et brebis pleurèrent,
Et tristement dans l'étable
Les cabris faisaient bè,bè,bè.

On le porta à Santa Maria
Dans l'église paroissiale,
Le curé, o mon âme,
Comme principal officiant,
Chantait avec les autres prêtres
Les prières du Missel.

La cérémonie terminée,
Une foule de personnes,
A obéir empressées,
Commencèrent à ouvrir (l'arca )
Puis, élevant  une dalle,
Se préparèrent à l'ensevelir.

Malheureuse, je me demandais,
Que vont-ils faire de lui ?
Je pensait que dans l' "ARCA"
Il y avait quelque ouverture ;
Mais je vis qu'ils le jetèrent
Dans mauvais trou sombre.

L’arca : (latin arcanum : secret – bas-latin archia : sépulture, caveau)
              c’est le caveau avec sépulture collective, la fosse commune.

 

Enterrement à Zîcavu au 19° siècle

                                                              nanna di Palleca